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Akbar

L’Inde est la mère de tout. Les Indiens, depuis des millénaires, ont hissé l’esprit jusqu’à des sommets vertigineux dans la métaphysique, la philosophie, le mysticisme, la poésie épique. Toute l’Asie en a été inspirée et parfois même, sans qu’on le saisisse, l’Occident antique aussi. L’Inde, c’est donc le polythéisme, mais c’est aussi l’Islam. Les musulmans l’envahirent à plusieurs reprises et la parsemèrent de monuments majestueux, les plus magnifiques étant les plus récents.

Au XVème siècle, les grands Moghols, ainsi qu’ils s’intitulèrent, dévalèrent les pentes de leurs hauts plateaux afghans et se répandirent dans les plaines indiennes. Ils réussirent la première union de l’Inde avant que les Anglais ne la complètent. Le fondateur de la dynastie, Babour, après avoir assemblé un des plus grands empires du monde continuait à regretter son Fergana natal. Le troisième de la dynastie, Akbar, est un de mes héros.

Janvier 1996, Inde

Il n’avait que 12 ans lorsqu’il monta sur le trône à la mort de son père, l’empereur Humayun, qui s’était tué en tombant de l’échelle de sa bibliothèque. Akbar n’avait pas dix-huit ans lorsqu’il en eut assez de son trop autoritaire Régent, il le jeta par la fenêtre, puis il descendit dans la cour, constata que le Régent n’était pas mort, le remonta à l’étage et le jeta de nouveau, puis vérifia que celui-ci était bel et bien mort. Il combattit les princes hindouistes du Rajasthan qui s’étaient rebellés contre lui, mais la prise de Chittorgarh devait le marquer à jamais.

Il vit les Rajputs ouvrir les portes de leurs forteresses et, en habit de gala couverts de joyaux se jeter contre ses armées, sabre à la main, et se faire tuer jusqu’au dernier. Lorsqu’il pénétra dans la ville, ce fut pour trouver des bûchers monstrueux qui achevaient de se consumer où s’étaient fait brûler les femmes et les enfants des Rajputs ainsi que leurs trésors.

Janvier 1996, Inde

Du coup, Akbar ne voulut plus de guerre. Il assimila les Rajputs, commençant par épouser une princesse de leur sang. Il ne voulut plus de querelles confessionnelles. Dans ses palais de grès rose, qui dominaient sa nouvelle et féerique capitale de Fatehpur Sikri qu’il finissait de construire, il réunissait les prélats de toutes les religions, moines chrétiens, rabbins, mullahs, sadous hindouistes. Il les faisait monter sur des terrasses et, sous les étoiles, il discutait avec eux nuit après nuit. Partant du principe qu’il n’y avait qu’un dieu, le même pour toutes les religions, il les exhortait de s’accorder afin d’unir tous les croyants du monde et de mettre fin à leurs disputes. Lui, Akbar, le Grand Moghol, était un visionnaire. Les prélats étaient tout sauf ça. Ils se disputaient jusqu’à l’aube sans jamais arriver à s’accorder. Ainsi, Akbar ne put-il jamais réaliser son rêve d’un syncrétisme des religions (qui aurait fait tellement progresser l’humanité).


par  Prince Michael of Greece

2 commentaires pour “Akbar


  1. Qais

    Could you post something about your cousin, Princess Helen of Greece and Denmark, Queen Mother of Romania; She and her sisters were the most beautiful of Greek a Princesses of the generation and also had tough lives however very interesting.


    • Michael Of Greece

      You are absolutely right! I will let you know if I post about Princess Helen in one of my Family Portraits. Thank you for your interest.

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