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BERNADOTTE

C’était un soldat gascon de la révolution, Jean-Baptiste Bernadotte. Il avait grandi et fait son chemin dans cette période troublée à la seule force de ses poignets, de son intelligence et de son génie militaire. Il était entré en contact avec Bonaparte mais celui-ci, quelque part, le jalousait, car Bernadotte, stratégiquement et militairement, était presque aussi fort que Napoléon et, surtout, il lui avait chipé sa fiancée, Désirée Clary.

Au fur et à mesure des années, Bernadotte se rendit compte qu’il n’avait pas beaucoup d’avenir dans la France de Bonaparte, que celui-ci l’empêcherait de monter en grade. Il regarda ailleurs. Il s’aperçut que le royaume de Suède était en mal d’héritier. Alors, il courut à Stockholm, se présenta aux Suédois et leur déclara que Napoléon voulait de lui comme futur roi de Suède. A l’époque, l’Europe entière tremblait devant l’empereur des Français et ses désirs étaient des ordres.
De peur de subir un sort tragique, les Suédois acceptèrent. Là-dessus, Bernadotte retourna à Paris, s’en vint chez Napoléon et lui déclara que les Suédois unanimes le voulaient comme roi. Napoléon ne put qu’accepter, ravi d’une certaine façon d’être débarrassé de son concurrent.
Bernadotte, ce Français du sud et du soleil, s’en alla s’installer dans ce pays du nord, de la neige et de l’hiver interminable. L’ambition fit qu’il s’y adapta à la perfection au contraire de sa femme, l’ancienne fiancée de Napoléon, Désirée Clary. Elle ne vint qu’une seule en Suède, se fit couronner, regarda autour d’elle et repartit à Paris sans jamais y remettre les pieds.

En France, les choses commencèrent à tourner mal pour Napoléon.
Ses partisans, les rois qu’il avait installés sur la plupart des trônes d’Europe, se demandaient quoi faire pour ne pas être entraînés dans la débâcle. Bernadotte n’avait pas ces mêmes scrupules. Il avait été nommé par les Suédois et pas par Napoléon et il s’était complètement intégré à sa nouvelle patrie. Sans hésiter, il abandonna le clan de Napoléon et entra dans celui des envahisseurs de la France, ce qui lui permit d’être une des seules inventions du grand empereur à subsister à la chute de celui-ci.

L’Europe débarrassée de l’ogre corsican, Bernadotte continua à régner tranquillement. Lorsqu’il mourut, il exigea que, contre la coutume, on ne le déshabilla pas pour laver son cadavre.
On ne respecta pas son vœu et on en découvrit la cause. Souvenir de la révolution à laquelle il avait participé, il avait fait dans sa folle jeunesse tatouer sur son torse « Mort au roi », ce qui est un peu embarrassant lorsque l’on est le souverain de la Suède.


par  Prince Michael of Greece

3 commentaires pour “BERNADOTTE



  1. Claire Meilhon

    Ce genre de destin est fascinant. Savoir anticiper, croire en sa chance et la saisir à temps, forcer la destinée, ce personnage a connu une vie exceptionnelle. Je me demande souvent pourquoi certains êtres ont cette force et/ou cette chance qui manquent à tant d’autres ?


  2. Ralph Toledano

    Cher Michel,
    quelle histoire hilarante. Je pense qu’il existe aujourd’hui le moyen d’effacer les tatouages. Je l’espère en tous les cas pour cette multitude de jeunes qui traitent leur peau comme un morceau de canevas, ne prévoyant pas qu’un jour leur corps sera flasque et qu’aucun muscle ne viendra plus gonfler ces horribles dessins ou inscriptions, les rendant encore plus affreux.
    Merci sans cesse pour ces merveilleuses anecdotes que vous nous offrez avec une générosité renouvelée.
    Ralphxxxxx

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