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CULTURE ET HISTOIRE

Notre époque est stigmatisée par un recul de l’éducation et de la culture.

Ce phénomène n’est pas exclusivement dû au fait de l’Etat qui n’assume plus ses fonctions. Il est le reflet de notre système.

Chaque science exige tellement de nouvelles informations qu’elle ne laisse pratiquement plus de place pour d’autres sciences. En deux mots, la spécialisation tue la culture générale, base même de la connaissance.

Désormais on en est réduit à connaître son sujet mais rien à côté, évidente aberration car on ne peut vraiment connaître à fond un sujet si on ne connaît pas ce qui est à côté.

 Dans l’éducation, des matières entières ont été supprimées, si nécessaires à la compréhension et à l’éveil de l’intelligence.

 L’éducation n’est plus admirée, la culture n’est plus recherchée. Aujourd’hui, beaucoup apprennent pour se spécialiser et ils se spécialisent pour gagner de l’argent et vivre confortablement, non pas pour orner leur esprit, pour savoir, pour comprendre.

L’ignorance est une des plus grandes causes des aberrations que nous vivons. Le manque de connaissance, le manque de goût entraînent le manque de direction, le manque de tenue, l’absence d’un axe dans la vie.

Alors, on en revient à l’initiative personnelle. Puisqu’on lui apprend mal, l’homme décide d’apprendre tout seul. Il se crée sa propre culture grâce à Internet. Il y trouve d’infinies informations sur les multiples domaines auxquels il s’intéresse. En googlant, il découvre, il profite de ce qui est beau. Lentement, tout seul, par lui-même, il devient un « honnête homme » poursuivant cet idéal.

Je connais nombre de garçons ou de filles jeunes, doués, qui ne sortent pas de milieux ou de familles particulièrement éduqués et qui se révèlent des monuments de culture. La curiosité les a poussés dans l’Histoire, dans l’Art, dans les voyages, dans la Science, dans l’époque contemporaine, dans les religions et ils s’y connaissent mieux que les plus grands experts. Plaisant est le contraste entre leur âge si tendre et leurs connaissances si vastes. Leur volonté d’apprendre a triomphé de la modestie de leurs moyens et c’est seuls qu’ils se sont faits.

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L’Histoire est ma matière et donc j’en observe l’évolution avec intérêt et inquiétude.

De mon temps, on apprenait l’histoire du monde prise comme un tout. De nos jours, l’Histoire a été découpée en rondelles. On prend une rondelle ici, une rondelle là. On apprend un chapitre mais on néglige le chapitre suivant. Or, ceci aboutit à tout simplement le massacre de l’Histoire. Les enfants ne comprennent plus rien et ne s’y intéressent plus.

Or, l’Histoire, loin d’être une science morte est bien vivante puisqu’elle évolue tous les jours. De toute façon, l’Histoire ne s’arrête pas au passé mais se poursuit dans le présent et même plante ses antennes vers le futur. Du coup, l’Histoire est indispensable pour saisir l’actualité comme pour comprendre son pays, son peuple et donc soi-même. C’est en regardant vers hier que j’arrive à m’y reconnaître dans aujourd’hui. Sans l’Histoire, je resterais dans l’obscurité.

Jamais les situations du passé ne se reproduisent intégralement dans le présent. Cependant, les situations du passé fournissent les éléments des situations du présent.

C’est seulement en pénétrant dans les arcanes du passé que j’arrive à m’y reconnaître dans le présent.

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Le massacre de l’Histoire aboutit entre autres à couper les êtres de leurs racines. Les mots « nation », « patrie », « traditions », « coutumes » ne signifient strictement plus rien pour eux. Ils ne reconnaissent plus les symboles de leur pays. Nous vivons une époque de contrastes. D’un côté des particularismes qu’on croyait enterrés depuis longtemps réapparaissent. Des provinces, les Flandres, la Catalogne, l’Ecosse, réclament une indépendance perdue depuis des siècles. D’un autre côté, les particularismes dans lesquels s’enfoncent les racines des êtres ne sont plus acceptés.

Il est au pouvoir, en Occident en particulier, des êtres qui nient leurs racines. Peut-être est-ce l’orientation d’une Europe Unie qui est sans racines. Certains s’agrippent à leurs racines, d’autres s’en coupent, dans les deux cas il s’agit d’une exagération.

Cependant, se couper de ses racines peut se révéler dangereux car, sans racines, il n’y a pas de solidité.

 

 


par  Prince Michael of Greece

6 commentaires pour “CULTURE ET HISTOIRE


  1. Sandra

    Dear Prince Michael
    I love to read about the Royals of Europe and all your recollections on History. When we were children the only gifts we ever received were books and we loved them, but times have changed with the introduction of computers now children spend their time either on social media {as I do] or playing games, I love my books and never have enough time to read.
    I am going to write a book on my life to leave my sons. My siblings and I have had such an interesting but ordinary life, one of my sisters has been researching our family Ancestry [over the past 20 years]which is amazing,You and all the Royals of Europe are on our tree with so many other incredible people.The connection is through {1] man on one line If we could just find the name of his daughter We are also connected through [2] other Great Aunts of my mother or Sisters of my Gr Gr Grandfather.My Grandfather changed his destiny by coming to Australia in the 1800’s but if he hadn’t we would not be here.This is all only of interest to my[5 siblings] and I but will write to you at the address given.It may be of interest to you It may not
    Regards Sandra



  2. Colleen Christine

    Well said! I noticed when my children were at school that history as a field of study had lost it’s importance. They were taught bits and pieces, and had no understanding of the long term results of the isolated events they studied. I had to teach them myself the things I thought important. We are about to learn in the world today, the truth of the saying that those that forget their history are bound to repeat it.


  3. Alexandra of Greece

    Cou cou Papa,
    C’est passionant cet article, peu etre tu l’as écrit après les gaffes a dinner de Tigran et moi. Nous méritons ceci en tous cas.
    Juste pour que tu saches il y a 1 fautes de frappes et une faute d’orthographe dans cet article.
    SVP email moi pour me dire si tu as reçu cet email ci.
    Bisous,
    A



  4. Laurent

    I’m afraid the loss of depth of History is an open gate to pupulism and all the darkness that goes with it.
    To think that twenty years ago we hoped the internet would provide knowledge to everyone… Alas, it seems to have led to instant gratification of the mind, meaning rumours and conspiracy theories, simplification, loss of fact-checking rule the main roads.

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