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ENCORE UNE PLACE POUR UNE PERSONNE

Cette histoire, je l’ai vue dans un très vieux film en noir et blanc. Je l’ai relue dans un recueil d’histoires de fiction d’Ed. Benson mais je l’avais déjà lue dans un autre recueil d’histoires véritables dont je ne peux me rappeler le nom de l’auteur.

Cela se passe en Angleterre dans les années 1905-1910.Un homme est à l’hôpital. C’est un homme riche de la bonne société, il a sa chambre à lui. Il est resté plusieurs semaines à l’hôpital et c’est sa dernière nuit car le lendemain il sera libéré. Et voilà que dans un rêve, il se lève, il va à la fenêtre, il fait plein jour. L’horloge située dans l’immeuble face à sa fenêtre marque 12 heures. La rue est vide, pas un bruit, pas un mouvement. Soudain, il entend les roues d’un véhicule qui s’approche. Il voit une charrette traînée par un cheval et qui porte au moins une vingtaine de cercueils. La charrette s’arrête sous sa fenêtre. Le cocher dont il n’a jusqu’alors pas vu le visage caché par un chapeau lève la tête vers lui. Il distingue alors parfaitement ses traits et en particulier une grosse verrue sur la joue et des longues moustaches grises. « Il y a encore une place pour une personne » dit le cocher d’une voix forte en parlant à son intention. Stupéfait, horrifié, le malade recule puis il s’éveille. Par la fenêtre, il voit que la nuit règne dans sa tranquillité et son silence. Troublé, il n’arrive pas à se rendormir.

Le matin le trouve fatigué et nerveux mais il se réjouit de sortir de l’hôpital. Il se lève, il s’habille, il est déchargé par l’hôpital. Avec son bardât à la main il sort à l’air libre sur le trottoir. Il va jusqu’à l’arrêt de l’autobus, il l’attend quelque minutes. L’autobus s’approche, s’arrête. Le contrôleur ouvre la porte, notre ami recule terrifié. Le contrôleur a exactement le visage du conducteur de la charrette des cercueils de son rêve, la verrue sur la joue, la longue moustache grise. « Il y a encore une place pour une personne » s’exclame le contrôleur. Paralysé, incapable de faire le moindre mouvement. Notre ami ne bouge pas. Le contrôleur referme la porte et l’autobus repart. Au prochain tournant, il dérape car le sol était mouillé de pluie. Il tombe dans le ravin, tous les passagers sont tués.


par  Prince Michael of Greece