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LES EPOUSES DE L’EMPEREUR AKBAR

 

L’empereur Akbar avait, comme tous les grands souverains, un immense harem, mais un nombre fort limité d’épouses. Bien sûr, il y avait une musulmane. Et la préférée était la princesse de Jaipur. Elle était de confession hindouiste et son mariage avec l’empereur symbolisait la tolérance de ce dernier et surtout la réconciliation qu’il voulait entre ses sujets musulmans et ses sujets hindouistes, entre les conquérants et les Indiens. Elle lui donna l’héritier qu’il attendait tant, le futur empereur Jahangir. Aussi eut-elle droit au plus grand de tous les palais des épouses, un vaste bâtiment d’une rare somptuosité. 

 

 

 

 

 

 

A côté, se dresse un bâtiment beaucoup plus modeste mais fort élégant et de proportions extraordinairement harmonieuses. C’était la demeure de l’épouse chrétienne et, sur les fresques qui ornent les salles, on peut lire les symboles de la religion du Christ. Cette épouse Julia Magallanes, était une Portugaise saisie par les pirates et envoyée à la Cour où elle devint une des favorites de l’empereur avant qu’il ne l’épouse. Ce fut un ménage parfaitement uni et Julia se montra enchantée de son sort. Mais elle avait une sœur.

Cette sœur, l’empereur Akbar la donna à un de ses collaborateurs les plus proches et les plus estimés, le Grand Maître de son artillerie, celui qui avait transformé, modernisé les armes et rendues toutes puissantes. En plus de lui donner la sœur, l’empereur, satisfait de ses services, lui accorda de nombreuses terres et même un tout petit état dont l’artilleur devint le rajah.

Cet artilleur, qui s’était présenté à la Cour d’Akbar pour offrir ses services, s’appelait Philippe de Bourbon. Il s’annonçait comme membre de la famille régnante de France.

 

 

 

 

 

 

 

J’ai fait des recherches sur lui, j’ai écrit un livre à son sujet. Je suis certain qu’il était le fils du connétable de Bourbon, le plus riche, le plus fameux, le plus puissant des cadets de cette famille, qui croupissait dans la disgrâce et qui, pour épargner à son fils les attaques de ses ennemis, avait caché sa naissance. Philippe de Bourbon était donc le beau-frère de l’empereur Akbar.

Et ses descendants habitent toujours l’Inde en la ville de Bhopal. Sur leurs passeports indiens, ils portent fièrement leur nom de famille : Bourbon.