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LA FAUSSE ANASTASIA

Depuis l’apparition de l’ADN, il n’y a plus de mystère Anastasia puisqu’il a été immédiatement prouvé, sans l’ombre d’un doute, que Mrs Anderson qui se prétendait la grande-duchesse Anastasia, fille cadette de Nicolas II, rescapée du massacre de Iekaterinbourg, n’avait rien à voir avec elle.

Auparavant, bien avant la guerre, mon père avait eu une étrange expérience à ce propos. Il était le cousin germain de Nicolas II mais il avait l’âge d’Anastasia. Ils avaient donc souvent joué ensemble dans leur enfance. Lorsque Mrs Anderson était apparue en Amérique, mon père avait tout de suite conçu des doutes mais les parents des témoins l’avaient convaincu qu’elle était la grande-duchesse. Il est resté fortement perplexe et troublé lorsqu’il connut l’extraordinaire expérience que je tire de ses mémoires.


Dorothée Caruso, la veuve du fameux Ténor m’appela au téléphone à mon hôtel de New York pour me demander de l’accompagner à une séance de spirite. Mon intérêt pour les études psychiques date du moment ou je fis la connaissance de William T Stead, à Londres lors d’un diner, en 1910. Cet homme m’attira aussi bien par le charme de sa conversation que par ce qu’il semblait y avoir en lui de diffèrent des autres gens de son espèce et à l’issue de cette soirée, je descendis Regent Street en sa compagnie. Il me demanda abruptement si je ne m’étais jamais occupé de spiritisme.
Je lui réponds que non, que le sujet m’intéressait mais que j’en ignorais pour ainsi dire tout. C’est alors qu’il me convia à aller le voir à son cabinet un après-midi pour assister à une séance avec un nouveau medium dont il avait entendu parler mais qu’il n’avait pas encore employé. Nous primes rendez-vous pour la semaine suivante. Arrivé-là, je fus quelque peu surpris par l’ambiance mondaine dans laquelle l’expérience devait avoir lieu. Le salon brillamment éclairé, aux confortables fauteuils, la sténo installée dans un coin, toute prête à prendre des notes et le jeune homme d’aspect des plus ordinaires que l’on me présenta comme étant le medium.
Le medium tomba en transe tout aussi simplement et naturellement que s’il s’était endormi. Presque aussitôt il se mit à déverser un flot de paroles : des exclamations, des phrases inachevées, de longues tirades qui me semblaient n’avoir aucun sens mais je vis que le crayon de la jeune fille courrait rapidement sur son bloc dont elle eut bientôt couvert des pages entières. Puis Stead prit quelque chose qu’il donna au medium « Dites ce que c’est » L’autre demeura silencieux un instant » Faisons la chaine » dit Stead à voix basse, et il me prit une main tandis que de l’autre, je m’emparai de la main froide et molle du medium. « L’objet que je touche est une croix, une croix en rubis, et il se rattache d’une certaine manière à la personne qui me tient la main. Il a jadis appartenu à un membre de s famille, à une femme douée d’une personnalité si forte qu’elle a influé sur le destin de cette famille et du monde entier à cette époque-là »
Un instant après le medium sortit de sa transe, redevint un jeune homme quelconque et s’en fut. Stead me mit dans la main la croix de rubis. « Elle est à votre ancêtre, l’impératrice Catherine de Russie »
Il fit soigneusement taper à la machine le compte rendu de la séance et m’en adressa une copie. Sa lecture ne me dit pas grand-chose et je l’enfermai parmi mes papiers. Cela se passait en 1910. En 1932 j’étais en train de classer le contenu d’une vieille boite quand je remis la main sur ce document que la curiosité me prit de relire. Il n’était plus incompréhensible maintenant contrairement à ce que j’avais cru quand je l’avais reçu : on y prédisait tout ce qui allait s’accomplir au cours des années suivantes.
En ce qui me concerne, il annonçait les guerres des Balkans, la révolution grecque, notre exil. Pour Stead personnellement, un long voyage …Un navire » A le relire ainsi à l’improviste 20 ans après que mon ami eut trouvé la mort dans le naufrage du Titanic, il me semblait entendre une voix d’outre-tombe…de ce monde à l’existence duquel Stead croyait avec tant de conviction.
J’avais plus d’une fois songé à William Stead et notamment lors de ma traversée de l’Atlantique en 1927 tandis que je lisais le livre de Bradley « Vers les étoiles » dans lequel l’auteur décrit les résultats extraordinaires obtenus par un medium qui faisait sensation en ce temps-là, à New York. […] Le livre m’intéressa si vivement que j’avais résolu d’essayer de voir cet homme. Aussi je fus ravi lorsque Dorothée Caruso me dit que le medium qui devait prendre part) à la séance ou nous allions était précisément celui que je désirais connaitre. […]

A SUIVRE ….


par Prince Michael of Greece

3 commentaires pour “LA FAUSSE ANASTASIA


  1. Lina

    All this is fascinating ! I love reading about the pre revolution era of Russia! Thank you very much .



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