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LA FEMME DE CHAMBRE DU MAGICIEN

Il y a plus de vingt ans, j’avais été reçu en Irlande du nord dans le château des descendants du maréchal Alan Brooke. C’était un jeune ménage courageux et entreprenant qui avait pris à cœur de restaurer le domaine familial et de l’ouvrir au public. Il était sympathique, hospitalier, intelligent et chaleureux. Le comble, c’est que je ne peux me souvenir du nom du château car la famille en possédait deux. En tout cas, j’avais appris l’étrange histoire du fantôme qui hantait les lieux.

 

Au 17ème siècle, la maison appartenait à un seigneur fortement versé dans l’occulte. Il possédait des pouvoirs extraordinaires qu’il n’utilisait que pour le bien, le sien et celui des autres. Est-ce lui qui avait initié l’étrange phénomène qui se manifestait encore du temps de ma visite ? Chaque soir, des dizaines de corbeaux venaient tournoyer au-dessus du château. Aucun, cependant, ne touchait aux semailles, ils respectaient les cultures, ils venaient simplement manifester qu’ils protégeaient les lieux.

 

Quant au fantôme, c’était une autre histoire. Le châtelain magicien du 17ème siècle avait initié à pas mal de ses secrets et de ses pouvoirs une fidèle femme de chambre. A sa mort, celle-ci avait abandonné les lieux et s’était installée à Edimbourg. Là elle était entrée au service d’une famille considérablement nantie. Or, un jour, on avait constaté que toute l’argenterie de la maison avait été volée. Pour des raisons que j’ignore, on accusa la femme de chambre. Elle fut emprisonnée, jugée, trouvée coupable et condamnée à être pendue. Alors, elle demanda un répit. Enfermée dans sa cellule, elle utilisa ses pouvoirs de voyance apprise du châtelain magicien. Elle appela ses juges, elle leur dit d’aller dans une certaine maison à telle adresse qui appartenait à un domestique des riches volés. Elle leur décrivit la maison et la cachette où serait abritée l’argenterie volée. La police s’y rendit et effectivement trouva l’argenterie volée. La femme de chambre fut aussitôt innocentée et libérée. Elle sortait de prison lorsqu’un des policiers lui demanda « Mais comment avez-vous trouvé l’identité du coupable et le lieu du vol ? ». La femme de chambre dut bien avouer la vérité, elle avait utilisé ses pouvoirs occultes. Elle ne fut pas pendue effectivement mais elle fut brûlée comme sorcière.


par Prince Michael of Greece