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La Grèce

Mes études universitaires terminées à Paris, je partis m’installer en Grèce, dans mon pays. Je découvris une monarchie en fonction à laquelle j’appartenais. Tout d’abord, je fus flatté. Le pouvoir offre une facilité dont on n’a pas idée du dehors. Tout vous est amené sur un plateau d’argent. Il suffit d’exprimer un souhait pour qu’il soit réalisé. Les passe-droits, les privilèges, les flatteries me comblaient. Les pompes officielles où je tenais avec ma famille le premier rang encensaient ma vanité.

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Puis, au bout de plusieurs mois, je me lassais ou plutôt je m’ennuyais. Les cérémonies devinrent des corvées. La vie officielle me parut une contrainte de plus en plus insupportable. Je voulais à tout prix ma liberté. Et depuis ce temps lointain, je l’ai conservée envers et contre tous sans lésiner sur le prix car la liberté est fort chère…

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J’avais aussi, entretemps, mesuré l’ingratitude du métier royal, non pas pour moi car je n’étais que la cinquième roue du carrosse, mais pour ceux qui portent la couronne ou la touchent de très près. On se fatigue, on se dévoue pour ne recueillir que des critiques. Certes, il est agréable d’être populaire mais il est si difficile de le rester. En fait, en monarchie, on travaille dans le vide, sans pouvoir mesurer l’effet produit. Il faut sans cesse être sur ses gardes, penser à tout, se méfier de tous. Si l’on n’a pas ancré en soi un sens profond du devoir, il est impossible d’exercer ce métier.

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L’autre aspect de ma nouvelle vie en Grèce fut mon service militaire. A peine avais-je quitté l’université en France que j’entrais dans une caserne grecque. Ce qui pour tous les garçons est une corvée plus ou moins supportable, pour moi fut un apprentissage grisant. En effet, ce pays, le mien, que j’abordais à vingt ans, sans l’avoir connu avant, je le découvris grâce à l’armée.

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Elle réunissait en effet des hommes, des garçons de toutes les provinces du pays et de tous les niveaux sociaux que je découvris ainsi et mieux que ne me l’aurait permis aucune expédition. Les manœuvres militaires qui m’emmenèrent en Macédoine au centre de la Grèce m’ouvrirent à la vie de province, à l’existence rurale de mon pays. A vrai dire, je n’étais pas très intéressé par l’armée mais ce que l’armée me faisait voir me passionnait.

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J’y ai acquis un attachement indéfectible à la Grèce et aux Grecs. Bien entendu, je continuais à suivre de près l’Histoire en marche mais avec des moyens autrement efficaces qu’à l’université.

Tank

En effet, le pouvoir amenait les renseignements de tout premier ordre et suscitait des rencontres, des discussions qui mettaient en prise directe avec les événements.


par  Prince Michael of Greece

9 commentaires pour “La Grèce



  1. marie-caroline blomme

    bonjour Monseigneur,
    Vous donnez une très belle explication du métier de roi,j’aime beaucoup les mots de « thankless nature job »cela me parait tellement exact.Encore une fois, merci pour le très instructif article sur le fabuleux destin do kho i nor n’est pas passé
    Sinecures salutations
    Marie Caroline Blomme


  2. Παπαβασιλείου Μιχάλης

    Pleace,
    if you are Michael, Prince of Greece you must have you site, also in greek language.
    If you feel pround to be Greek.
    Μιχάλης Παπαβασιλείου από τη Ρόδο.


  3. robert minassian

    good read Your Highness. in all walks of life, men at the very top are always lonely and reserved… part of the job; forced/have to be. sincere regards, r.m..


  4. Erisadesu

    the true name of our country is Hellenic Republic…so you can’t be a prince of Greece since we are a republic, your family was given a fake throne and you were imported from Denmark or wherever….the only true ancetor of the byzantium empire was Otto and even him wouldnt’ hav


    • Michel De Grèce

      Thank you for your encouraging and polite comment, and above all so deeply historically accurate.


  5. Pedro Miguel de Barros Viegas

    HRH,

    Thank you for this website – it’s a wonderful source of information and historical photos.

    Can you tell us what occasions are the one in which you a pictured with King Pavlos, King Mihai of Romania and then Crown Prince Konstantinos as well as in the one you are receiving what looks to be a baton from King Pavlos?

    Thank you again.

    Best regards,


    • Michel De Grèce

      This photograph was taken during the Orthodox Holy Saturday Liturgy, sometime between 1960-65. We were on a platform outside the Cathedral of Athens. The second photograph pictured the presentation of my Officer’s Sword, at the Athenian Royal Palace, in 1962. Thank you very much for your interest.


  6. Alexandra of Greece

    Super Papa j’adore – surtout la photo de toi dans le fameux tank!
    Bravo and thanks for sharing!
    A

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