LA MALEDICTION DE JEANNE D’ARC

Lorsque j’avais dix ans, ma mère me forçait, chaque jeudi après-midi, à aller au manège apprendre l’équitation, chose dont j’avais horreur. Le manège appartenait à la duchesse de L. Je m’en rappelle. Elle avait passé 80 ans, elle montait toujours à cheval en amazone, parfaitement droite, coiffée d’un élégant tricorne noir. Son mari, le feu duc, descendait des célèbres ministres de Charles VII. Celui-ci était réputé avoir fortement contribué à l’arrestation et à l’exécution de Jeanne d’Arc s’il n’en avait pas été la cheville ouvrière car il jalousait, il craignait l’héroïne. Semble-t-il, il avait été alors maudit et on lui avait prédit que le dernier de son nom mourrait sans enfant et brûlé vif.

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Un buste de Jeanne dArc par Maxime Real del Sartre,esquisse pour sa statue érigée sur la place du Vieux Marché a Rouen, sur les lieux ou fut brûlée l’Heroine. Cadeau des Jeunes Filles Royalistes à ma Mere, Francoise, lors de son mariage

Au 20ème siècle, la famille existait toujours. Le duc s’était épris d’une dame de l’aristocratie anglaise. Ils filaient le parfait amour, ignorant que le mari de la dame avait découvert leur liaison. La dame invita le duc à venir passer un week-end en sa maison en Angleterre alors que le mari devait se trouver en voyage. Le duc accourut mais le mari avait découvert le pot-aux-roses. Pendant la nuit, alors que le duc et sa femme se livraient à leurs ébats, il mit le feu à sa propre maison. Sa femme échappa mais le duc mourut brûlé vif… sans enfant. Et sa veuve, l’amazone de mon enfance, fut la dernière à porter son nom.


par  Prince Michael of Greece