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Pauline_d'Arenberg_(1774-1810)

LA PRINCESSE PAULINE SCHWARZENBERG NEE DUCHESSE D’AREMBERG

A une soirée chez la comtesse Zichy-Ferraris à Vienne en 1808, se trouvait parmi plusieurs femmes très élégantes de la haute société, la charmante princesse Pauline Schwarzenberg née d’Aremberg. Le prince Louis de Rohan s’amusait avec un jeu de cartes ; il prétendait avoir beaucoup de talent pour tirer la bonne aventure. Il était près de minuit.

La princesse Schwarzenberg lui dit en riant et sans y mettre aucune importance de lui faire son horoscope. Le prince, charmé d’une si belle mission, se mit à battre ses cartes ; il les arrangeait, les dérangeait, s’impatientait, recommençait, ce manège finit par attirer l’attention de la princesse, qui engagée dans une conversation intéressante, avait tout à fait oublié sa demande « Il me parait que je vous donne bien de la peine ; prince, que voyez-vous donc dans ma destinée ? »

  • Je n’y vois que du feu, répondit-il en jetant ses cartes
  • Recommencez ! Lui demanda-t-elle.

Il recommença, mais sans autre résultat, il se leva et se rapprocha de la cheminée.

Tout le monde sait la fin tragique de la princesse Schwarzenberg, belle-sœur du maréchal prince Schwarzenberg, ambassadeur à Paris au moment du mariage de Napoléon.

Karel_Filip_Schwarzenberg

Prince Schwarzenberg

La princesse faisait les honneurs d’un bal magnifique donné par lui à cette occasion : elle était parvenue à sortir de la salle embrasée, sur l’assurance qu’on lui avait donné que ses deux filles ainées, présentes également au mariage, étaient sauvées, et elles l’étaient réellement ; mais ne les trouvant pas dans le jardin où elle les appelait avec des cris d’angoisse maternelle, elle crut qu’on l’avait trompée.

Elle se précipita dans le brasier pour les y chercher. Elle fut écrasée, dit-on par la chute du lustre et consumée. On ne reconnut quelques restes d’elle que par un os de la poitrine à moitié calciné où une partie de ses diamants étaient profondément incrustés par le feu.

Incendie_de_l'ambassade_d'Autriche_à_Paris_(1810)

Incendie de l’ambassade d’Autriche à Paris (1810)

La suite est encore plus surprenante. A l’occasion de ce mariage elle avait laissé à Vienne ses plus jeunes enfants sous la surveillance de sa belle-sœur, la princesse Eléonore ; une jeune gouvernante couchait dans la chambre des petites princesses.

La nuit même de la catastrophe, la chambre était éclairée par une veilleuse qui donnait une lumière douteuse. La gouvernante vit la porte s’ouvrir et la princesse Schwarzenberg entrer doucement, entrouvrir les rideaux de ses enfants, les considérer avec tendresse, puis s’éloigner avec le même silence et reprendre le chemin de ses appartements. La jeune gouvernante ne dormait pas, elle n’eut pas peur ; elle pensa que la princesse pouvait être revenue de Paris cette nuit-là et qu’elle n’avait pas voulu se coucher avant d’avoir revu ses enfants, ni lui parler dans la crainte de l‘éveiller si elle était endormie.

Le lendemain, sa première parole fut de raconter ce qu’elle avait vu et de féliciter les enfants du retour de leur mère. On fut bien étonné.

La princesse Eléonore l’assura qu’elle avait sans doute rêvé ; elle soutint le contraire ; elle était effectivement parfaitement éveillée.


par  Prince Michael of Greece