LA SECONDE GUERRE MONDIALE

Entretemps, comme prévu, l’Italie attaqua la Grèce. La seconde guerre mondiale était commencée qui allait durer cinq ans et devait entraîner d’inconcevables bouleversements.

J’étais trop petit pour me souvenir de la guerre, sauf les grandes cartes dans la maison de ma grand-mère à Larache sur lesquelles ma tante Isabelle marquait l’avance des armées alliées. Par contre, je me rappelle l’anxiété, le chagrin, la colère que je sentais chez les grandes personnes autour de moi. On s’inquiétait en particulier pour tante Lili. Etait-elle encore vivante ? Amélie de Mac Mahon, comtesse de Rambuteau, était la cousine germaine de ma mère. Elle et son mari avaient abrité des parachutistes anglais dans leur propriété. Ils avaient été dénoncés, comme cela arrivait si souvent en France occupée. La Gestapo les avait arrêtés, eux et leurs fils, des adolescents, et les avaient expédiés en camp de concentration. L’oncle Amalric devait y mourir sous la torture. Tante Lili avait été condamnée à porter les machines à écrire dans la neige. Elle en profitait pour insulter ses gardes en allemand qu’elle parlait parfaitement. Indomptable, elle survivrait pour devenir le boute en train des réunions familiales de l’après-guerre. Ses fils aussi, des adolescents, qui avaient tout vu, tout subi, survivraient pour devenir des exemples de courage, de bonne humeur, d’optimisme.

 

 

Photographs by Justin Creedy Smith


par  Prince Michael of Greece