• fr
  • en

L’ACTUALITE

Ce qui est vrai d’une façon effrayante pour l’Occident, c’est-à-dire le triomphe du matérialisme et aussi une lourdeur, une fatigue est jusqu’à ce jour moins évident pour le Tiers Monde. Là-bas, il y a plus de dynamisme, d’énergies accompagnées de ressources incalculables et d’un travail beaucoup plus avantageux qu’à l’Ouest. Les pays du Tiers Monde sont jeunes, l’Ouest est vieux. Là-bas, face aux dictatures de la Chine, aux tyranneaux locaux du Moyen Orient ou de l’Amérique Latine, la démocratie en Inde, au Brésil tient brillamment le coup. Face à la gangrène du matérialisme, les traditions se maintiennent, ces traditions qui prêchent autre chose que la religion de l’argent, ces traditions qui encouragent les citoyens à se montrer humains. J’aime marcher dans les rues de l’Inde, dans la campagne du Mexique. Face aux robots alimentés par l’argent de l’Occident, on y rencontre des êtres normaux, c’est-à-dire des êtres humains qui ont le contact et le sourire facile, qui viennent en aide, qui bavardent facilement et qui tous, contribuent à ce qu’il fasse bon vivre dans leur pays.

Mais l’influence de ce qu’on ose appeler la « culture » américaine ou occidentale s’étend chaque jour. C’est le Mc Donald versus Bouddha et l’interdépendance éminemment périlleuse des économies qui rend le Tiers Monde, même s’il essaie de rester à l’écart des convulsions de l’Occident, dépendant de ce même Occident, dépendant des Etats-Unis, et donc risquant d’être voué au même sort.

DSC00551

Il y a aussi l’instabilité grandissante de toute une vaste partie du monde. Je regretterai toujours d’avoir refusé, il y a des décennies, de visiter l’Afghanistan où l’on m’invitait, me disant que j’aurais bien le temps, comme trois fois, mes tentatives de découvrir le Yémen, se sont vus annulées pour raison de sécurité, car, en quelques années, j’ai vu une région qui s’étend depuis les frontières de l’Inde jusqu’à pratiquement l’Atlantique se fermer pays après pays au tourisme. Des pays que j’ai connus ouverts, paisibles, prospères presque, des pays aujourd’hui où il est dangereux de se rendre. Et la liste noire n’est pas fermée car je pense que d’autres pays de la région aujourd’hui richissimes, en plein boum, risquent de subir le même sort. L’approvisionnement en pétrole dont cette région possède des gigantesques réserves est sous menace. Alors, les énergies alternatives peut-être, mais suffiront-elles ? Parviendra-t-on à les développer, à les utiliser à temps avant que la pénurie ne vienne ?

Par ailleurs, le Tiers Monde engendre des phénomènes nouveaux, telle l’émigration massive. Des centaines de milliers de malheureux sont chassés de leur pays par la misère, par la tyrannie et viennent s’échouer sur des rivages qu’ils croient prometteurs alors qu’en fait personne ne veut d’eux et que tout le monde se les lance de pays en pays comme des chats morts de jardins en jardins.

P1160433

Devant ces inédits de l’Histoire, personne ne sait comment réagir. Les gouvernements rivalisent d’incapacité, de lâcheté, d’indécision, d’égoïsme alors que le flux d’immigrés ne cesse de s’épaissir. Il y a cependant, partout, des initiatives privées, des initiatives personnelles qui, spontanément, viennent en aide, telle cette jeune Anglaise qui nourrit 800 réfugiés dans l’île de Leros, telle cette Autrichienne qui achète des bateaux pour transporter les réfugiés et leur éviter de se noyer. Une goutte d’eau dans l’océan mais c’est avec beaucoup de gouttes d’eau qu’on fait un océan.

IMG_0464

Et pourtant, c’est du Tiers Monde, que sont venues en majeure partie les réactions saines, tel le Printemps Arabe mais le système veillait. Le Grand Argent qui s’appuie sur des tyrans de dernière catégorie ne laisse pas la marée monter. Le mouvement s’est étendu à l’Occident. Il y avait eu les Indignados, il y avait eu les campeurs de Wall Street. Ces révoltés n’obéissaient à personne, ne recevaient de directives de personne, ce qui avait dérouté ce petit monde habitué à manipuler. Ils n’étaient pas organisés, ils n’avaient pas de tête, c’était leur vertu, c’était aussi leur faiblesse. Le Printemps Arabe s’est éteint, les Indignados ont disparu mais très probablement ils auront des successeurs.

Les révoltés du Printemps Arabe et autres hommes et femmes qui enfin réagissent, font apparaître comme complètement dépassés les politiciens, les partis politiques, les syndicats, la gauche, les communistes. Tous apparaissent enfin tels qu’ils sont. C’est encore plus ringard que nous, les rois et les aristocrates.

Et moi là-dedans ? Je suis à la fois terrifié et passionné. Terrifié par ce qui arrive, par ce qui peut arriver mais en même temps passionné de regarder là, devant moi, l’Histoire en marche emprunter des voies totalement inédites. Pour un passionné d’Histoire comme moi, la voir se faire devant moi, tâcher d’en déceler les courants ou les intentions, bref, voir l’Histoire devenue une matière vivante en constante transformation est un privilège.


par  Prince Michael of Greece

4 commentaires pour “L’ACTUALITE


  1. Christine Mercouri

    I like very much the way you present the situation in the world nowadays .
    It is so human ,romantic ,poetic too.
    It is urgent to change our attitude to the misfortunated human beings .
    More compassion and love is needed .


  2. Demetris

    It’s really amazing to observe world’s changes with a high level approach and view…


  3. Dolla Nomikos

    True interesting , fascinating worrying and sad ,
    But reasuring and good to find so many of one s thoughts and worries put together in such a structured and beautiful way
    I m always so happy toread your pieces !


  4. Chev. George Nikolaidys

    An insightful weaving of global History, social psychology & economics, into a realistic pattern of our times. Narrated as if it was written in the future by a Timeless Historian who observes panoramically how humanity moves on the quasi predictable graph-curves of statistical prophesies.

L'ajout de commentaire n'est plus possible.