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LE FANTOME FARCEUR DE TAOS

Il y a une vingtaine d’années, nous avions visité la très belle ville de Taos au Nouveau Mexique. Nous avions logé au Luan House qui était transformé en hôtel, une magnifique villa construite dans le style local dans les années 20, 30 du 20ème siècle, par Mabel Dodge, une milliardaire américaine mécène. Mabel avait reçu tout ce qui comptait dans les arts et la littérature. Les vitres de notre salle de bains en particulier avaient été peintes par un des habitués de la maison D.H. Lawrence.

Un jour, à la fin de notre déjeuner, je me levais pour aller faire ma sieste. « Ne ferme pas le loquet, me dit Marina, pour que je ne te dérange pas quand je te rejoindrai ». Je fis bien attention de ne pas rabattre le loquet à l’ancienne et m’endormis. Peu après, des coups furieux à la porte me réveillèrent. C’était Marina. « Ouvre le loquet » – « Mais je ne l’ai pas fermé » – « Si, tu l’as fermé ». Après un échange tumultueux, je me levais tout de même, j’allais à la porte, le loquet était fermé. Or, j’étais absolument sûr de ne pas l’avoir rabattu. J’ouvris à Marina qui n’était pas de la meilleure humeur, moi non plus.

Peu après, descendant à la réception, je racontais à la directrice cet étrange incident. « Comment ! Elle a fait le coup encore ! » fut la réponse de la dame. Et de me raconter que très fréquemment, le fantôme de la chambre qui avait été celle de la propriétaire Mabel Dodge s’amusait à fermer le loquet de la chambre la plupart du temps lorsqu’il n’y avait personne dans la chambre, ce qui obligeait la direction à appeler très fréquemment le serrurier. « Elle vous a gâté cette fois-ci car vous étiez à l’intérieur et vous avez pu ouvrir le loquet… ».


par  Prince Michael of Greece