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LE JARDINIER ASSASSIN

Ma tante Bébelle, la comtesse de Paris Isabelle d’Orléans Bragance, me racontait que, dans sa jeunesse, elle allait souvent visiter une tante du côté maternel qui possédait une fort belle villa sur les rives du lac Léman. La tante était particulièrement fière de son jardin et surtout de ses roses.

Or un jour, la tante arriva bouleversée à déjeuner. Ses enfants lui demandèrent ce qui se passait : « Figurez-vous qu’il y a peu de temps, j’ai engagé un jeune aide jardinier, un Italien. Or ce matin je l’ai surpris, sans qu’il me voie, en train de couper la tête des roses, uniquement pour le plaisir de détruire quelque chose qui est beau. J’ai tellement été horrifiée que je l’ai renvoyé sur l’heure. Cet homme pour en arriver à tuer une rose pour le simple plaisir de détruire finira mal, ce sera un assassin ».

Peu de temps après, Luigi Luccheni, car tel était le nom du jeune jardinier, rencontra sur le quai de Genève une dame tout en noir, grande et mince, qui se dirigeait suivie d’une autre dame vers le bateau en partance pour Lausanne. Il s’approcha d’elle et lui porta une sorte de coup de poing sur la poitrine puis s’enfuit en courant. La dame, indifférente, poursuivit sa marche encore sur une dizaine de mètres jusqu’au bateau, monta sur le pont et s’effondra. La dame qui la suivait dégagea sa veste pour qu’elle puisse respirer et découvrit à son horreur sur la chemise une goutte de sang à la place du cœur. En fait, Luccheni l’avait percé avec un couteau très mince. La dame mourut en quelques instants. C’était l’impératrice Elisabeth d’Autriche.


par  Prince Michael of Greece