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diamant Maximilien

L’EMPEREUR MAXIMILIEN, LES DIAMANTS MAUDITS

Comme d’habitude, en ce samedi matin new yorkais, je faisais la tournée des salles de vente.

Chez Christie’s Park Avenue, on exposait de magnifiques bijoux. Mon ami François, un des plus grands experts du monde en ce domaine, m’invita à le suivre dans son bureau. Il savait que j’étais un amateur et le sortant d’un petit écrin, il me tendit un diamant monté sur bague. Il n’était pas particulièrement énorme et surtout il n’avait pas cette transparence qu’on cherche dans la pierre. Il était comme opaque. François ferma les rideaux, éteignit les lumières et, tout aussitôt, jaillit du diamant une lueur bleuâtre. « C’est une rareté de la nature, commenta François, un diamant translucide »
– « Je ne l’aime pas, mon cher François, il émet des mauvaises ondes et je suis certain qu’il porte malheur »
– « Pour l’amour du ciel, fermez votre bouche jusqu’à la vente aux enchères ».

On ralluma, on ouvrit les rideaux et François de me raconter. Lorsque l’empereur Maximilien fut fusillé à Queretaro par le cruel Juarez, on dépouilla le cadavre de ses vêtements et on les inspecta. Dans la doublure de sa redingote noire, on trouva deux diamants, les seuls trésors qu’il avait pu sauver, la poire contre la soif car il avait grand espoir de survivre et d’être exilé en Europe. Evidemment, les diamants disparurent. Bien des décennies plus tard, ils furent retrouvés sur un Mexicain d’origine indienne qui tâchait de traverser illégalement la frontière des Etats Unis. Le Mexicain fut arrêté et les pierres saisies.

Et François de conclure « Vous tenez dans vos mains l’un des deux diamants »
– « Et l’autre ? ».
L’histoire était encore plus bizarre. Il avait été vendu aux enchères quelques années plus tôt, à New York aussi. Un riche Américain l’avait acheté, l’avait ramené dans son appartement et laissé sur sa table de nuit. Au milieu de la nuit alors qu’il dormait, il avait été réveillé par du bruit. On marchait à côté. Des cambrioleurs, se dit-il tout de suite, ils en veulent au diamant. Mais où le cacher. Il sauta du lit le plus silencieusement possible, se rendit dans la cuisine et cacha la pierre sous les ordures dans la poubelle. Puis, il attendit. Aucun bruit, aucune apparition. Prenant toutes les précautions possibles, il explora son appartement. Personne, aucune vitre brisée, aucune porte enfoncée.
Il avait dû se tromper, il n’y avait pas de cambrioleur. Rassuré, il se recoucha mais, brisé par l’émotion, il n’eut pas le courage d’extraire la pierre de la poubelle. Il le ferait au réveil le lendemain matin. Seulement, il se réveilla tard, il bondit dans la cuisine, il y trouva sa femme de ménage. Il sauta sur la poubelle, l’ouvrit, elle était vide. « Oui, monsieur, j’ai déjà vidé les ordures ». Ainsi le diamant de l’empereur Maximilien finit-il dans les égouts de New-York.


par  Prince Michael of Greece