La Reine Victoria Eugénie

LES ÉMERAUDES DE TANTE ENA

Du temps du Second Empire, la reine Victoria, en visite officielle en France, était devenue l’amie de Napoléon III mais surtout de sa femme, l’impératrice Eugénie.
Bien qu’elles soient d’une origine, d’une tradition tellement différentes, les souveraines s’étaient étroitement liées.

Lors de la chute du second Empire et après la désastreuse guerre franco- prussienne de 1870, la Reine Victoria accueillit Napoléon III et Eugénie exilés de France.

L’amitié des deux femmes se resserra davantage lorsque Napoléon III mourut. Tout naturellement, la fille cadette, la préférée de Victoria, la princesse Béatrice, demanda à la princesse Eugénie d’être la marraine de sa fille. L’impératrice accepta bien sûr et l’enfant fut tout naturellement nommée Victoria pour sa grand-mère et Eugenia pour sa marraine.

 

Tableau de la Reine Victoria Eugénie

La filleule grandit surtout en beauté, à tel point qu’elle décrocha le plus beau parti d’Europe, le roi d’Espagne Alphonse XIII. Le mariage eut lieu en grandes pompes à Madrid, en présence des représentants de presque toutes les familles royales d’Europe. Il fut assombri par une terrible tragédie. Alors que le cortège nuptial revenait de la cathédrale au Palais Royal, un anarchiste lança une bombe sur le carrosse du marié et de la mariée. Ceux-ci furent épargnés par miracle mais autour d’eux, c’était un carnage de morts et de blessés.

La pauvre Victoria Eugenia dont c’était la découverte de son nouveau royaume manifesta un courage voisin de l’héroïsme, et c’est avec sa robe blanche de mariée maculée du sang des victimes qu’elle parvint au Palais Royal.
Il y avait là les invités et les cadeaux de mariage.
Victoria Eugenia, surnommée dans la famille Ena, trouva celui de sa marraine l’impératrice Eugénie. C’était une boîte oblongue qui contenait un éventail. C’était fort peu pour une marraine aussi célèbre.
Dans le fond de son âme, la reine Ena espérait mieux. Elle ne dit rien bien sûr, remercia vivement mais ne prit même pas la peine de sortir l’éventail de son écrin. Elle le rangea simplement dans un tiroir.

Bien des décennies plus tard, en faisant des rangements dans sa garde-robe, elle retrouva l’écrin de l’éventail de l’impératrice. Elle l’ouvrit et se décida enfin à regarder le cadeau.
Sortant l’éventail de l’écrin elle découvre que, sous l’éventail, il y avait une dizaine d’émeraudes carrées d’une qualité, d’une pureté, et d’une couleur incomparable. La valeur de ce présent était immense.
Il était trop tard pour remercier l’impératrice qui était entretemps partie au paradis. Ena, éblouie par ces pierreries, les fit monter dans un collier et broches assorties, par Cartier qui choisit la monture qui mettait le plus en valeur les fabuleuses gemmes.
Depuis, le collier a été vendu et a disparu.

 

Le Collier d'émeraudes


par  Prince Michael of Greece

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