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LES MAHARADJAHS D’INDORE

Le Prince Richard Holkar est l’unique héritier mâle de la puissante dynastie des maharadjahs d’Indore. Elle n’est point trop ancienne mais elle se révéla particulièrement remarquable et marquée par des personnages assez originaux. L’arrière-arrière-grand-père de Richard, le maharadjah de l’époque, était un champion de la boxe locale.

 

 

 

 

 

 

C’était un sport qui se pratiquait depuis des siècles, les boxeurs s’oignant d’huile puis se roulant dans une terre rouge des lieux avant les combats.

Arriva comme résident à Indore un Anglais qui, du temps de ses études à Oxford, était champion de boxe, apprit que le maharadjah pratiquait le même sport et lui proposa un combat amical. Le match de boxe eut lieu au cours duquel le maharadjah non seulement gagna mais cassa le bras de l’Anglais. Celui-ci se répandit en plaintes auprès du vice-roi anglais. Le maharadjah d’Indore était un perverti, un homme perdu, un vicieux, et, du coup, il fut détrôné.

Quant au grand-père de Richard, il s’était épris d’une danseuse, laquelle, pour une raison inconnue, s’enfuit d’Indore à Mumbai. Le maharadjah envoya ses sbires qui ramenèrent à Indore la danseuse récalcitrante. Celle-ci s’échappa une seconde fois à Mumbai. Le maharadjah envoya de nouveau ses sbires qui découvrirent que la danseuse vivait désormais avec un riche marchand de la ville. Qu’à cela ne tienne, le maharadjah ordonna à ses sbires de le débarrasser du riche marchand. Ni une, ni deux, ceux-ci tuèrent à coups de revolver le concurrent du maharadjah. Les Anglais s’émurent et offrirent au maharadjah le choix suivant : ou il passait en jugement devant la Chambre des Lords à Londres ou il abdiquait. Le maharadjah choisit la seconde solution et partit s’installer dans le château qu’il s’était acheté près de Saint Germain en Laye.

 

 

 

 

 

 

 

 

Quant au père de Richard, il devait être le dernier souverain. Il connut une vie pleine d’aventures et de rebondissements. Il avait un goût remarquable et, construisit à Indore un palais Art-nouveau d’une extraordinaire beauté qu’il meubla somptueusement de ce qui constituait à l’époque la plus belle collection au monde de meubles de Ruhlmann et Dunand. Il avait également acquis une paire de diamants poire extraordinaire, d’un éclat incomparable, qu’on appelait « les poires d’Indore ».

Enfin, il se fit peindre par un des grands portraitistes de l’époque, Boutet de Monvel. Ce fut un homme cependant malheureux, longtemps malade, qui finit tristement et, avec lui, la grande lignée des souverains d’Indore.

 


par  Prince Michael of Greece

3 commentaires pour “LES MAHARADJAHS D’INDORE


  1. Daphne Economou

    Dear Michel,
    I am always delighted to see that there is a new, unpredictable story from you and I am never disappointed. You have a talent for discovering strange twists of history, family secrets, lost cities, ghosts and all.
    Thank you, again.
    Daphne


  2. Ghislaine

    A beautiful portrait that CAN be Deen at the fabulous exhibition of Al Thani’s moghul jewels.


  3. Daniel

    The 2 portraits stand at the fabulous show Joyaux from the Al-Thani collection at the Grand Palais

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