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Pont_d'Iéna_Bridge-Paris Bridge

Louis XVIII et le pont d’Iéna 

Louis XVIII avait le sens de la France à quelque régime qu’elle appartint.
Dans le Paris occupé par les coalisés, des noms de places, d’avenues et de ponts rappelaient constamment à ceux-ci leurs défaites. L’avenue d’Austerlitz, l’avenue de Wagram et surtout le pont d’Iéna qui évoquaient pour les armées prussiennes présentes à Paris leur plus terrible revers.
Aussi, leur commandant en chef, le maréchal Blücher, décida-t-il de se venger de Napoléon en faisant sauter le pont d’Iéna. Ses soldats avaient commencé à entasser les barils de poudre sous les arches du pont lorsqu’on prévint Louis XVIII. Celui-ci aurait dû être enchanté de voir détruire ce souvenir d’une gloire de Napoléon mais c’était aussi une gloire française. Il fit atteler son carrosse de gala à six chevaux, sortit du palais des tuileries encadré d’un régiment de garde à cheval sabre au clair.
Général Blücher_Inéna_Bridge_Pont d'Iné_Paris_Bridge_Mickael_of_greece

Le cortège partit au grand galop fonçant dans les rues, puis le roi fit avancer son carrosse sur le pont d’Iéna et le fit arrêter au milieu. Il renvoya ses gardes et ses cochers « Si le pont doit sauter, je sauterai avec !», déclara t’il.
Des émissaires vinrent prévenir le général Blücher de sursoir. Il ne voulut rien entendre. L’Empereur de Russie en personne dut intervenir pour lui expliquer qu’on ne faisait pas sauter les rois de France.
De mauvaise grâce le prussien s’inclina. Louis XVIII pu rentrer tranquillement en son palais et les parisiens d’aujourd’hui peuvent toujours emprunter le pont d’Iéna.

Louis_XVIII_King_of_France_Inea_Bridge_Mickael_of_Greece