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MATERIALISME

Le règne absolu du Grand Argent conduit tout naturellement à un matérialisme triomphant qui devient la seule religion.

Le matérialisme se manifeste par la consommation qui, de nos jours, est quasi déifiée.

J’ouvre la télévision. Noël aujourd’hui, c’est le foie gras. Quelques mois après, je la regarde de nouveau. Pâques, aujourd’hui, ce sont les chocolats. La boustifaille c’est la consommation. La consommation c’est le matérialisme. Le matérialisme, c’est le règne du Grand Argent qui ainsi répand jusqu’aux emblèmes les plus sacrés sa gangrène. Le principe de ce système est bien simple : travailler moins, gagner plus afin de consommer toujours plus.

Contrairement à ce qu’on pourrait croire, l’incitation perpétuelle à plus consommer se traduit par une baisse notable de la qualité des produits. La plupart des produits nutritifs, viandes, poissons, légumes et fruits à force d’insecticides, engrais et stimulants, sont devenus des poisons. Les rares qui en sont conscients comme nous courent désespérément à la recherche de produits un peu moins vénéneux mais on ne sait ni où chercher ni où trouver. Donc nous en sommes réduits à avaler chaque jour des doses importantes de poisons au nom de la sacro sainte consommation.

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Quant aux médias, ils ont créé un manichéisme des produits de consommation qui un jour sont déclarés excellents pour la santé, un autre jour sont accusés d’être cancérigènes… et vice-versa. Autre conséquence, le gâchis effarant, ignoble, est devenu criminel. Les restaurants, les magasins jettent quotidiennement des montagnes de nourritures, fraiches encore, alors qu’à quelques mètres de là les pauvres mendient un quignon de pain.

De même les pays producteurs ne savent que faire de leurs surplus. Des tonnes et des tonnes de grain sont jetées. Dans l’Europe, des milliers d’hectares sont obligatoirement laissés en friche alors que des pays entiers meurent de faim.

Enfin, les dictats de la consommation ont entraîné un changement radical dans la notion de temps. Le temps en fait n’existe plus. Seul le moment règne. Les produits naguère destinés à être utilisés pendant des années sont désormais destinés à être jetés au bout de peu de temps sans aucune possibilité d’être réparés afin d’obliger le consommateur à acheter sans cesse du nouveau et à faire fonctionner la rotation de la consommation pour enrichir toujours plus les fabricants.

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Le résultat du pernicieux conseil distillé au citoyen c’est qu’à force de lui répéter de moins travailler, il ne veut plus travailler du tout. Pourtant, il veut toujours gagner plus mais il ne peut pas gagner plus. Aucune économie ne peut le lui promettre ni le lui assurer puisqu’il travaille moins et qu’il gagne moins. Il se trouve dans l’incapacité de consommer davantage. Donc, dès le départ, le calcul qui veut qu’on gagne plus pour consommer plus était voué à l’échec. D’autant plus qu’il arrive un jour où le citoyen sursaturé n’est plus capable d’absorber de nouveaux produits. Il en est à ce point gavé qu’il en devient blasé et, surtout, il n’a plus d’argent. Il s’est tellement endetté qu’on ne lui prête plus. Les organismes prêteurs lui ont tellement prêté qu’eux-mêmes n’ont plus d’argent.

La déification de la consommation aboutit aussi à un curieux phénomène. On ne s’interroge plus. En effet, il y a un produit pour tout, une machine, un appareil pour tout, un préposé pour tout. Tout ce que l’homme faisait jusqu’alors par lui-même, quelqu’un d’autre ou un produit le fait pour lui. Donc, il n’a qu’à suivre le mouvement, il achète, il consomme comme les autres. De plus en plus dépendant du préposé ou du produit, il est de moins en moins autonome.

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Ce matérialisme a amené un changement radical dans les rapports entre les êtres. La seule règle désormais, l’égoïsme le plus féroce partout à tous les niveaux. Chacun pour soi. Cet état d’esprit engendre l’intolérance, le racisme qui s’étendent, se manifestent alors qu’officiellement règne encore la démocratie, le libéralisme. Partout, l’agressivité. Encore, dans les pays méditerranéens, on peut rencontrer cette amabilité, cette humanité de la rue. On se salue, on se sourit, on s’entraide mais ailleurs. Ce n’est pas que j’aie peur c’est que j’appréhende de sortir dans les rues de Paris, non pas pour me faire attaquer mais simplement pour être confronté à cette agressivité générale, à cet abord désagréable, antipathique. J’ai toujours aimé les souks de l’Orient car, malgré mon agoraphobie, je m’y sens toujours bien. Il peut y avoir des foules denses, on n’y est jamais bousculé. Désormais, sur les trottoirs de l’Occident, c’est à qui vous bousculera le plus. Mieux vaut descendre sur le macadam pour ne pas recevoir des coups de coudes, des ramponneaux, des coups de pieds. La considération pour autrui a complètement disparu. Autrui n’existe plus.

Katy me recommande de voir le film « Churchill ». Le film m’émeut.

Conclusion : comparés à cette époque, aujourd’hui ont disparu l’honneur, le patriotisme, le sacrifice, l’héroïsme, la discipline, la valeur, les principes.

Des sous, toujours des sous, encore plus de sous, seulement des sous.

Le matérialisme, mais bien sûr, il fait partie de la vie. Nous ne sommes pas des « êtres purs », nous ne sommes pas des créatures désincarnées, immatérielles. Nous aimons bien manger, nous aimons bien boire, nous faisons l’amour, nous achetons des vêtements, une voiture, une maison, nous nous payons des vacances, et alors ? Ce n’est pas une faute, ce n’est pas un crime, ce n’est pas un « péché ». C’est tout ce qu’il y a de plus naturel. Là où ça se gâte, c’est quand ce n’est QUE le matérialisme. Le matérialisme certes mais pas UNIQUEMENT le matérialisme. Le matérialisme, oui, mais pas en priorité. Quoi d’autre alors ? Tout simplement la spiritualité, cette prise de conscience, cette compréhension, cette pénétration d’un monde invisible, l’univers infini de la réflexion, de la méditation, de la prière, les perspectives illimitées de l’altruisme, l’amour de la nature, l’amour tout simplement d’autrui, en résumé la vie, la vraie.

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Bien sûr, l’homme peut demander l’aide d’un maître, d’un gourou pour explorer les dédales de la spiritualité mais, en définitive, le maître le plus grand, le gourou le plus éclairé, l’homme le trouvera en soi.


par  Prince Michael of Greece

9 commentaires pour “MATERIALISME





  1. Ananda Massoubre

    Thank you for your great stories and inspiring insights. I cannot but agree with you when it come to our contemporary society being so driven and controlled by money alone. It is so very sad. I hope and pray that your wise words will be heard and that the world will change for the better.



  2. Dolla Nomikos

    How very true ,and well said. ,how many though
    feel » secure » without all that …..?????


  3. Marie Jose Pagliai

    It is a great pleasure to hear from you, my Dear Friend, in such an inspiring way. You make us reflect.
    Am I also that way?


  4. Ghislaine Graziani

    I agree with you, hélas !
    Thank you for your ideas and old photographs always so interesting.


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