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NAPLES : L’ALBERGO DEI POVERI

Dans la Naples du 18ème siècle, le plus vaste bâtiment de la ville n’était pas le Palais Royal comme on pourrait s’y attendre mais l’Albergo dei Poveri, l’Auberge des Pauvres. C’est là un grand compliment pour la monarchie qui a édifié cette institution et, en particulier, pour le roi Charles III qui en a eu l’initiative.

L’Albergo dei Poveri n’a jamais été terminé. Charles III n’en a pas eu le temps qui, du trône de Naples, a sauté sur le trône d’Espagne mais il lui en est resté quelque chose car on dit que, pour construire l’immense Palais Royal de Madrid, il s’est inspiré de son autre création, L’Albergo dei Poveri.

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Ce dernier a abrité donc des pauvres, une maison de retraite, une maison de fous, des ateliers d’artisanat créés par ce même Charles III, une prison pour adolescents et tant d’autres ramassis de malheureux et souvent de victimes. Petit à petit, il a été abandonné mais jusqu’en 1980 il gardait dans ses murs 3.800 prisonniers. Ils étaient tombés dans l’oubli jusqu’à l’arrivée de Peppe Marmo. Ce cinquantenaire allègre, pétillant, explosant de générosité et d’inventivité, a eu une enfance épouvantable. Un homme, une institution lui a donné sa chance en lui permettant de pratiquer des sports. Il l’a si bien fait qu’il est devenu champion mondial de judo. Alors, il a voulu faire pour les autres ce qu’on avait fait pour lui. Il a demandé qu’on lui cède une partie de l’Albergo dei Poveri. Il l’a restauré avec les moyens du bord. Il l’a peint, nettoyé, il a l’a rendu salubre, attirant, sympathique. Il y a créé un énorme club de sport pour les adolescents maltraités par la vie. Ceux qui peuvent payer payent, ceux qui ne peuvent pas ne payent pas. Ils sont 1.500 désormais venus des quartiers les plus pauvres de Naples qui trouvent leur salut dans la pratique de tous les sports imaginables.

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Peppe Marmo a créé un département pour les adolescents handicapés, un autre pour les adolescents dont les parents sont en prison et dont il s’occupe plus particulièrement. Ainsi, toute une partie de cet immense complexe mort a repris vie et a redonné la vie, la vraie à ces quartiers défavorisés, a donné l’espoir à des jeunes qui n’en avaient plus.

C’est Peppe Marmo qui m’a fait découvrir ce gigantesque complexe avec ces cours, ces galeries, ces escaliers monumentaux, cette basilique non terminée et où il a donné l’exemple où tant de choses restent à faire.


par  Prince Michael of Greece

6 commentaires pour “NAPLES : L’ALBERGO DEI POVERI


  1. Alexandra of Greece

    Bravo Papa, well said!
    Est ce que tu voudrais envoyer cet article de ton blogue a Roberto, le gentil mari d’Allegra, comme il a une fondation qui justement soutient des gens et des oeuvres comme Pepe Marmor a Naples?
    Et puis tu pourais envoyer l’article a Pepe Marmot lui meme, je pense qu’il sera particulierement touche.
    Youpi!
    Merci de me dire si tu as reçu ce commentaire svp.
    Alexandra


    • Michel De Grèce

      C’est une excellente idée! Je leur enverrai, j’espère que l’article leur plaira.


  2. Leonardo Lacerda

    Ben Jelloun a écrit un beau livre sur cet endroit étonnant. Mais la générosité de Peppe Marmo et son dévouement sont encore plus touchants!


  3. J. Délia Bremond

    Un conte sans fantôme mais avec un homme-fée qui redonne vie à un lieu endormi.
    Merci, cher Michel, pour cette belle histoire vraie

    PS. Deux de mes amis normands (respectivement professseure à l’Université de Caen, et traducteur) voudraient recevoir votre blog. Comment les inscrire? Je ne trouve pas de case prévue à cet effet sur votre site.
    Leurs noms: Philippe et Danièle Delamare
    ph.d@orange.fr
    d.d@orange.fr


  4. Ralph Toledano

    Cher Michel,
    Je n’ai jamais visité l’Albergo dei Poveri, lors de mes nombreux séjours à Naples. Je pensais que sa dégradation l’avait fermé au public. Cette entreprise humanitaire comportait une « succursale » à Palerme que j’ai vue il y a un mois.
    J’aime beaucoup le personnage de Charles III. Il est un exemple pour tous les gouvernants de la terre: au service, en service. Le privilège et la position ne se conçoivent pas autrement.
    Je vous emmènerai voir un tableau d’Antonio Joli, place du Palais Bourbon où l’Albergo figure.
    Avec mon amitié,
    Ralph Toledano

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