Le Portrait Familial, XV

Alexandre II empereur de Russie était l’oncle de la reine Olga de Grèce. Il tâcha de libéraliser la Russie, poussé par son frère Constantin, le père d’Olga, mais c’était une course contre la montre car il savait que les terroristes anarchistes voulaient l’assassiner. Déjà, ils avaient fait sauter la salle à manger du Palais d’Hiver juste avant que la famille impériale n’y pénètre. Finalement, Alexandre II sentit qu’il avait gagné. La constitution libérale qu’il donnait à la Russie, il l’avait dans sa poche et c’est ce jour-là où il sauta sur une bombe.

 

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Le futur Alexandre II faisait une tournée matrimoniale en Europe à la recherche d’une épouse. Il tomba fou amoureux de la princesse Marie de Hesse. Ses parents ne voulurent rien entendre car les origines de la jeune fille n’étaient pas très claires. Alexandre s’entêta et finalement eut raison de l’opposition de ses parents. Marie devint ainsi l’impératrice Marie Alexandrovna de Russie et toute sa vie fut trompée par son mari le tsar qui avait tant lutté pour pouvoir l’épouser. Ravagée par le chagrin, atteinte de tuberculose, elle perdit vite sa beauté. La maladie la rendait de plus en plus faible et incapable d’assumer les devoirs d’une souveraine. Toujours amoureuse de son mari, elle mourut désespérée.

 

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Alexandre II remplaçait souvent sa femme malade dans les cérémonies. C’est ainsi qu’au lieu de l’impératrice, ce fut l’empereur qui visita l’Institut des jeunes filles nobles et, là, il remarqua un tendron de 18 ans, la princesse Catherine Dolgorouki. Il en tomba fou amoureux et en fit sa maîtresse. Elle lui donna plusieurs enfants et pendant des années, ce ménage à trois scandalisa la famille impériale et la Cour. Alexandre écrivait des volumes de lettres à sa bien-aimée, voyageait avec elle incognito et finalement, à la mort de l’impératrice, s’empressa de l’épouser. Peu après, il fut assassiné. Catherine préféra alors s’exiler mais jusqu’à sa mort tardive, en 1925, elle garda sa beauté impérieuse et montra un orgueil à la mesure de son destin. Pour elle, il n’y avait qu’une impératrice, elle-même.

 

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Cet enfant est-il celui de la légitime, c’est-à-dire l’impératrice Marie Alexandrovna ou de l’illégitime, c’est-à-dire la maîtresse, la princesse Dolgorouki ? En tout cas, ce petit bâtard était élevé au Palais d’Hiver même, juste au-dessus de l’appartement de l’impératrice phtisique qui l’entendait trottiner au-dessus de sa tête, car, bien entendu, elle n’ignorait rien de la liaison de son mari.

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Elle était la sœur d’Alexandre II et donc la tante de la reine Olga de Grèce. Cette fille aînée de l’empereur Nicolas Ier était sa préférée. Il ne voulut jamais s’en séparer. Pour la garder en Russie, il lui fit épouser un prince allemand qu’il fit russifier. Le prince allemand mourut. La grande-duchesse Maria NicolaïevnaDuc était depuis longtemps amoureuse secrètement du comte Cheremetiev. Elle savait que jamais son père ne consentirait à ce qu’elle l’épouse. Elle le fit pourtant mais ne l’avoua jamais. Son père était le seul à la Cour à ignorer ce mariage. Impérieuse, orgueilleuse, très intelligente, c’est pour elle que son père Nicolas construisit l’immense palais Marie à Saint-Pétersbourg, aujourd’hui la mairie.

 

 

 

 


par  Prince Michael of Greece