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LA REINE CHRISTINE DE SUEDE

Christine de Suède est un phénomène qui traversa le 17ème siècle en stupéfiant ses contemporains. Née en 1626, fille unique du roi Gustave-Adolphe, son père meurt lorsqu’elle a six ans. Elle monte sur le trône sous la régence d’un chancelier remarquable Oxenstierna, mais elle ne s’entend pas avec lui et un beau jour, elle l’envoie promener pour régner par elle-même.

Son début est brillant, elle acquiert de nombreux territoires pour son royaume de Suède, elle développe l’économie, le commerce. Puis, un beau jour, elle en a assez de son métier et décide d’abdiquer. Ses peuples en larmes la supplient de revenir sur sa décision. Rien à faire. Elle abdique et, le cœur léger, quitte son royaume.

Elle passe en France où elle est reçue avec éclat par la Cour de Louis XIV. Comme elle entend mener la vie qu’elle souhaite, elle s’installe dans un hôtel à Paris. Une nuit, elle fait venir dans sa chambre des musiciens italiens qui chantent des mélopées devant les rideaux fermés de son lit à baldaquin. Soudain, elle tire les rideaux violemment. Apparait devant les Italiens terrifiés une tête de gorgone qui, d’une voix de rogomme, crie : « Mort du diable comme ils chantent bien ! ». Les musiciens partent affolés en poussant des cris.
Comme elle est légèrement encombrante, on la loge au château de Fontainebleau. Là, elle apprend que son amant, l’Italien Monadelschi, la trompe. Alors elle le fait tout simplement assassiner par ses sbires dans une des galeries.


La Cour de France trouve tout de même que ses mœurs sont un peu déplacées et suggère à la reine de ne pas s’attarder à Fontainebleau.

Elle décide d’aller en Italie. Afin de parvenir à contempler facilement les collections du Pape, elle se convertit à la religion catholique. Elle s’installe à Rome, devient l’intime du Vatican et, surtout, réunit une admirable collection d’œuvres d’art.

Dès son enfance, cette femme était une intellectuelle de talent, intime de Descartes, correspondant avec les grands cerveaux de son époque. En Italie, elle s’intéresse davantage aux Arts.
C’est à Rome qu’elle meurt en 1689, à 63 ans. Elle aura l’insigne honneur d’être une des deux seules femmes enterrées dans la basilique Saint Pierre.

Il faut noter que son physique disgracieux, ses gros yeux globuleux, son nez trop important et ses tenues plus qu’un peu mal soignées diffèrent grandement de l’image de la Reine Christine laissée par la sublime Greta Garbo, sa compatriote.

 

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par  Prince Michael of Greece