QUI EST LE GRAND ARGENT?

Il y a de par le monde beaucoup d’entreprises, beaucoup d’individus qu’on peut considérer comme riches mais le Grand Argent, fait exclusivement des plus riches, se situe à un niveau inimaginable de milliards, c’est-à-dire les plus grandes compagnies du globe, particulièrement l’armement, le pétrole, les produits pharmaceutiques, les produits alimentaires que joignent les principales institutions financières, les multinationales.

Bien sûr, il existe des exemples où ces multinationales appartiennent à des dynasties. La plupart sont anonymes avec des présidents directeurs généraux, des conseils d’administrations dont le grand public ignore les noms. Au contraire des aristocraties d’autrefois qui détenaient l’argent mais ne pouvaient emporter leurs terres sur leur dos, ces multinationales sont totalement mobiles puisque le cash n’a pas de racines. Elles s’étendent sur tellement de pays à la fois qu’on ne peut ni les attraper ni les épingler. Aussi, les lois, le fisc, le socialisme, les révolutions ne les atteignent pas. Si elles peuvent être écornées temporairement ici ou là, elles se remplissent aussitôt ailleurs. Elles peuvent exercer un chantage sur les états « Si vous me taxez, j’émigre et je jette sur votre pavé des milliers de chômeurs ». Aussi les multinationales sont généralement exemptées d’impôts alors que ceux-ci s’abattent sur les moins riches. Elles exercent leur pouvoir de multiples façons, en achetant si elles veulent mais, surtout, en exerçant des pressions multiples et variées. En jouant l’un contre l’autre, en plaçant aux postes clefs des hommes à elles. Tout simplement en jouissant de la fascination qu’exercent sur presque tous la puissance et l’argent. Ainsi orientent-elles de la façon la plus brutale les gouvernements de la terre entière dans le sens de leurs intérêts.

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Conséquence ou preuve de la toute puissance du Grand Argent, ce qu’on appelait la politique se réduit aujourd’hui à des questions d’argent. Plus de politique interne dirigée vers des réformes de fond transformant, faisant progresser la société entière. Tout se réduit à des questions d’augmentations de salaires ou à des économies drastiques. Plus de politique étrangère non plus, d’alliances, de traités, de rapprochements politiques, idéologiques. La politique étrangère, aujourd’hui, ce sont des contrats juteux et pour ce faire, les gouvernements sont prêts à s’allier au diable, c’est-à-dire aux pires dictatures. Les orientations politiques dépendent exclusivement de ceux qui vendent et de ceux qui achètent. Le récit abondamment reproduit par les télévisions des visites d’états d’un président à un autre se réduit aujourd’hui à combien d’avions, de lignes de chemin de fer on a vendus ou achetés. Les marchés orientent la politique. Personne n’ose plus critiquer les dictatures si elles sont la source immense de marchés et tout le monde se bouscule pour être dans leurs bonnes grâces. Alors, évidemment, ce ne sont plus les politiciens qui décident mais les multinationales.

Argent et morale ne font pas bon ménage, aussi se moque-t-on éperdument de la justice, de la répartition équitable des biens. Le respect de l’être, la considération, la compassion ont disparu. L’argent, pour régner, doit constamment s’accumuler. Aussi l’unique objectif des plus riches est de s’enrichir toujours plus au mépris de toute autre considération, au mépris des autres. Aussi, les autres, le reste de l’humanité, en font-ils les frais.

Le pouvoir illimité du Grand Argent s’exerce de la façon la plus discrète, même la plus occulte. Par contre les plus riches, eux, sont moins discrets. Je vois monter sans cesse les prix par moi jugés insensés, les œuvres d’art, 300 millions de dollars pour un tableau, les maisons 150 – 200 millions de dollars pour une habitation. Je vois les multiplications des yachts de plus en plus grands, des avions privés de plus en plus performants.

D’un autre côté, je vois la diminution constante de mes moyens financiers. A Dieu ne plaise que je me plaigne. Je continue à être un privilégié et j’en ai conscience mais, comme tant de mes semblables, mes revenus fondent, j’ai de moins en moins de possibilités. J’ai appris à compter. Ils sont des milliers, des millions du même niveau financier que moi à être dans la même situation.

Constamment alourdis par de nouveaux impôts, les travailleurs perdent leur pouvoir d’achat. Rongés par l’inflation, non pas l’inflation officielle qui rassure mais la véritable inflation qui ravage, les petites et moyennes fortunes se diluent. Ainsi, des millionnaires à la fortune amaigri se retrouvent à mi-chemin entre le prolétariat qui n’existe plus et la classe moyenne qui fond au soleil.

Les Etats, même s’ils le voulaient ne pourraient aider les plus démunis. Eux-mêmes, surendettés, sont pratiquement tous ruinés. A la différence près qu’un Etat pratiquement en banqueroute subsiste allègrement tandis qu’une compagnie ou un individu en banqueroute disparaît. D’un côté donc, un petit nombre de plus en plus riches, de plus en plus puissants, de l’autre une masse immense de plus en plus pauvre et impuissante.

 


par  Prince Michael of Greece