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SIR WILLIAM WYNDHAM

Vers la fin du 17ième siècle Sir William Wyndham, au cours de ses voyages vint à passer en cabriolet sur la place Saint Marc à Venise. A l’extrémité de cet place se tenait un curieux rassemblement plus nombreux que de coutume. Arrêtant sa voiture pour en connaitre la cause, il aperçut un charlatan qui disait la bonne aventure. Il transmettait ses prédictions au moyen d’un tube de fer blanc qu’il rétrécissait ou allongeait à volonté. Sir Wyndham lui jeta une pièce, sur quoi, le charlatan pointant son tube de fer blanc en direction du cabriolet lui dit fort distinctement en italien « Signor Inglese, cavete il bianco cavallo »

 

 

 

 

 

 

 

Cette circonstance fit d’autant plus d’impression sur lui que quelques années plus tôt tandis qu’il était jeune, un jour qu’il revenait de chasse, il trouva plusieurs domestiques rassemblés à la grille du parc de son père, autour d’un diseur de bonne aventure. Il était ou prétendait être sourd muet et par quelques sous écrivait avec de la craie sur un morceau de planche la réponse aux questions que lui posaient les domestiques.

Au moment où sir William passait cet homme lui fit signe qu’il voulait lui parler. Se trouvant dans un instant de gaieté il y consentit sans imaginer de question à lui faire. L’homme à la craie prit le morceau de planche et écrivit ces mots fort lisiblement « Gardez-vous d’un cheval blanc »Sir William sourit de l’absurdité de cet avis et oublia la circonstance jusqu’à ce que celle de Venise vînt la lui rappeler par sa coïncidence. Sir William Wyndham prit beaucoup de part aux affaires du gouvernement dans les quatre dernières années de la Reine Anne où un projet fut formé de rétablir le fils de Jacques II sur le trône que son père avait perdu. A l’arrivée de George 1er, duc de Brunswick, quantité de personnes furent bannies ou emprisonnées, parmi les premières se trouva Sir William qui fut envoyé à la Tour de Londres en 1715.

Au-dessus de la porte intérieure de cette forteresse étaient peintes les armes de la Grande-Bretagne. On travaillait alors à y faire les changements que nécessitait l’avènement de George 1er et comme la voiture de sir William passait sous la porte, un peintre était occupé à ajouter le cheval blanc qui figure dans les armes de la maison Brunswick.

 

 

 

Il se rappela sur le champ les deux prédictions qui lui avait été faites et le rapporta au gouverneur de la Tour ainsi qu’à tous ceux qui vinrent le voir pendant sa détention. Il regarda cette double prophétie comme tout à fait accomplie ;

Hélas bien des années plus tard, tandis qu’il se rendait à la chasse, il eut le malheur de vouloir franchir un fossé et se rompit le cou…Il montait un cheval blanc.


par Prince Michael of Greece