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SUR LES TRACES DE DRACULA II

Les paysages que nous traversons sont moins somptueux. Ce sont des champs à perte de vue doucement vallonnés, peu de villages, peu d’habitants dans cette campagne opulente. Nous sommes arrivés à Sighisoara, une jolie petite ville 19ème siècle autour d’un plateau sur lequel se dresse la vieille ville forteresse. L’hôtel Parc Royal fut la plus délicieuse surprise. Confort, luxe et bon goût, service impeccable. J’aurais aimé en profiter mais le devoir culturel nous appelle. Toute la journée, il continue à faire une chaleur lourde et étouffante, une humidité effrayante qui nous transforme en fontaines de sueur.

Nous nous lançons à l’assaut de la vieille ville. Nous passons sous la Tour de l’Horloge. L’église du monastère tout de suite à droite ne m’a pas plu, j’ai trouvé l’atmosphère désagréable. Par contre, tout à côté et de jaune clair peinte, la maison de Dracula m’attirait, celle du grand-père du héros et celle où celui-ci est né. Nous sommes entrés avec mes petits-fils dans le rez-de-chaussée qui sert de boutique de souvenirs. Aucune atmosphère, aucun fantôme. Le héros n’est certainement pas né ici et n’y a certainement pas vécu.

Nous n’avons pas visité la Tour des Joailliers. Paraît-il ses souterrains servaient de prison et de salle de torture. Le petit Vlad de par la position de son père y avait ses entrées. Il y venait souvent, invinciblement attiré dès son jeune âge par le spectacle de la souffrance…

Nous empruntons l’escalier couvert du 16ème siècle, 178 marches que mes petits-fils m’aident à monter comme ils m’aideront encore mieux à les redescendre. En haut, c’est un parc charmant de grands arbres, de sentiers et, au milieu, l’église de la Colline. L’intérieur m’a tout simplement enchanté par son atmosphère, par sa beauté. De grands retables germanisants, des voûtes gothiques, des restes de fresques romantiques du Moyen Age, une paix, une sérénité extraordinaires. Tous les quatre, nous nous sommes assis sur les bancs, nous sommes longuement restés en silence, tous emportés par cette atmosphère bénéfique.

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Alors, j’ai entendu:

«Je suis celui dont on ne prononce pas le nom. Je ne le veux pas car, lorsqu’effectivement on le prononce, c’est d’une façon tellement péjorative, tellement destinée à effrayer, à impressionner le vulgum que je me refuse à ce qu’on le prononce.

Effectivement, je ne suis pas né dans cette maison, jaune aujourd’hui. Je suis né dans une propriété de famille non loin de là mais j’ai passé dans cette maison quelques années de ma toute petite enfance. Je n’y suis jamais revenu puisque cette ville était en territoire étranger, donc ennemi. Je ne m’y suis pas intéressé et je n’y ai laissé aucun souvenir».

 


par  Prince Michael of Greece

2 commentaires pour “SUR LES TRACES DE DRACULA II



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