• fr
  • en

Sur les Traces de Dracula V

En 1459, Vlad, au cours d’un raid dévastateur en Transylvanie, assaillit Brasov. Il brûla ses faubourgs, en particulier l’église de Saint Bartholomée aujourd’hui assiégée par les usines. Il bombarda ses remparts, particulièrement le bastion des Tisserands. Sur la colline de Quinta bien en vue des assiégés, il empala des dizaines de prisonniers. Un de ses boyards, devant l’odeur insoutenable, eut le malheur de faire la grimace. Il fut aussitôt empalé plus haut que les autres. Le pal restait le mode d’exécution préféré de Vlad mais il appréciait aussi toutes les autres formes de faire souffrir et de tuer car, en vérité, le sadisme, la folie s’étaient emparés de lui. Ça, c’est ce que raconte la version officielle. Nous en avons longuement parlé avec Radu. Il m’a confirmé ce que je me doutais, qu’il y avait long à dire sur Vlad et qu’il y avait une vaste distance entre la légende et la réalité. Cruel, il l’était, sévère aussi mais certainement moins qu’en avaient fait ses détracteurs. En fait, l’horrible réputation de Vlad, c’étaient les Allemands de Brasov qui l’avaient initiée. Ces richissimes marchands s’étaient vu soudain imposer un véritable protectionnisme par Vlad. Désormais, pour exporter vers les principautés de Vlad leurs marchandises, ils devaient payer des droits de douanes. Ils y perdirent. Alors, ils se vengèrent en répandant les récits les plus horrifiants sur Vlad à travers toute l’Europe.

Là-dessus, le roi de Hongrie s’en mêla. Le pape lui avait envoyé des fonds importants pour organiser une nouvelle croisade. Le roi, tout simplement, avait détourné les fonds à son intention. Et pour détourner l’accusation, il chargea tout simplement Vlad, en l’accusant de tous les péchés du monde, ce monstre, ce tueur, ce tortureur, ce voleur. Les scribes prirent fidèlement note des allégations des marchands de Brasov et du roi de Hongrie. Vlad devint ainsi la légende noire de l’Europe. A quoi, ses ennemis furent trop contents d’en rajouter, les Turcs en tête. Ainsi, Dracula le vampire a vu son histoire fondée, comme si souvent dans l’Histoire, sur des questions d’argent.

«Brasov, je n’ai jamais aimé car cette ville m’a toujours été hostile et, surtout, j’y ai toujours senti des énergies, des ondes négatives. J’étais très sensible aux atmosphères, aux ondes, aux énergies. Même si j’étais négatif, je préférais les atmosphères positives, les êtres positifs, les lieux positifs, aussi étrange que cela puisse paraître».


par  Prince Michael of Greece