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LES BIJOUX DE LA COURONNE DE FRANCE

Leur histoire est intéressante en ce sens qu’ils n’existent pas. Ont survécu certains instruments du Couronnement des rois de France, l’Epée de Charlemagne, le Sceptre de Charles V, la Main de Justice conservés au Louvre et qui avaient servi à d’innombrables couronnement des rois de France jusqu’au dernier.
Mais de couronne, point, en ce sens qu’on utilisait les pierres démontées pour fabriquer à chaque nouveau règne une nouvelle couronne.

Après le couronnement, on démontait la couronne, les pierres étaient remises au Trésor et utilisées à la bonne volonté des souverains, sur leurs épées, sur leurs vêtements, comme Louis XIV qui croulait sous les poids des diamants de la Couronne lors de son ultime représentation d’adieux, la réception de l’ambassadeur de Perse.
Diamants de la Couronne, oui, ceux-là existaient, c’était le Trésor Royal. Entreposés au garde-meubles, place de la Concorde, les trois mille pierres précieuses de la Couronne furent volées pendant la Révolution, comme je me suis plu à le raconter dans mon ouvrage « Le vol du Régent ». Un tiers fut retrouvé dont les plus grosses pièces, et en premier le Régent, le plus beau diamant du monde, toujours conservé au Louvre.

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Napoléon puis Louis XVIII et Charles X utilisèrent pas mal des diamants de la Couronne. Diamant voulant dire aussi pierre de couleur, pour monter des parures au 19ème siècle de diamants, de rubis, d’émeraudes.

Louis-Philippe ne toucha pas à ce qu’il considérait être les biens de la Couronne. Napoléon III, lui, fit monter pour sa femme l’impératrice Eugénie nombre de diamants de la Couronne. Ce trésor immense fut saisi à la chute de Napoléon III.


Plusieurs années plus tard, la IIIème République craignit un retour du sentiment monarchique.
Alors, elle prit trois décisions, l’une cruelle, celle d’envoyer mon arrière-grand-père le comte de Paris prétendant au trône de France en exil, l’autre idiote et criminelle, elle décida de raser les ruines du palais des Tuileries brûlées par la Commune et dont les restes considérables auraient pu facilement être restaurés, la dernière, elle décida de vendre aux enchères les bijoux dits de la Couronne.
Ainsi partirent à l’encan ces pierreries accumulées par tant de rois de France.

Beaucoup ont été démontées depuis, d’autres ont abouti dans des collections privées où elles se trouvent encore.
Certaines, mais très peu, ont réintégré le Palais des Rois, c’est-à-dire le Louvre et on peut espérer que d’autres suivront ce chemin


par  Prince Michael of Greece