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L’INFANTE TRAGIQUE

Lorsqu’en 1759 l’infante Isabelle de Parme, dite Isabellita, atteint ses dix-huit ans, c’est à n’en pas douter l’une des princesses les plus accomplies d’Europe. Grande, admirablement faite, le visage à l’ovale parfait orné de grands yeux bruns et de longs cheveux noirs, la peau très blanche, elle attire tous les hommes.
De belles princesses, il y en a d’autres en Europe, mais d’aussi douées, d’aussi cultivées qu’Isabellita sont une rareté. Car en un siècle où rois et grands seigneurs se soucient généralement peu d’apprendre et où les femmes intellectuelles font exception, Isabellita, déjà dotée d’une belle voix et de talent pour composer des mélodies ou pour peindre de ravissantes aquarelles, se sent surtout poussée vers l’écriture. Sa beauté fait partout dire qu’elle est un lys, mais c’est un lys pensant. Elle ne griffonne pas des petits romans, à dix-sept ans elle a déjà achevé ses Commentaires politiques et militaires, témoignage d’un esprit puissant.

Ses parents, le duc et la duchesse de Parme, sont conscients que leur duché n’a rien d’un État indépendant, et qu’il ne possède aucune importance politique sinon, de temps en temps, une importance stratégique. Soumis tantôt à Madrid, tantôt à Versailles, ils ne sont des souverains que sur le papier. Il ne leur reste qu’à contracter pour leurs enfants des alliances brillantes pour hausser leur statut.

Isabelle de Bourbon 1741-1763

Leurs yeux se tournent vers leur aînée, Isabelle. Ils concluent qu’elle est devenue le parfait produit à mettre sur le marché matrimonial des royautés européennes. D’emblée, le duc et la duchesse de Parme visent très haut, rien de moins que l’archiduc Joseph d’Autriche, fils aîné de l’impératrice Marie-Thérèse, destiné à hériter un jour du Saint Empire romain germanique, de l’Autriche, des royaumes de Hongrie et de Bohême. Les négociations secrètes engagées, à leur surprise extasiée, ils apprennent que l’Autriche accepte Isabellita. Le duché de Parme a beau être insignifiant, le duc est fils du roi d’Espagne, la duchesse, fille du roi de France, ce qui semble à l’impératrice Marie-Thérèse des raisons suffisantes pour marier son héritier à la Parmesane.
Reste à mettre au courant l’intéressée. En l’absence de sa mère toujours à Versailles, la tâche revient à son père. Celui-ci est naturellement convaincu qu’Isabellita n’élèvera aucun obstacle…

A SUIVRE ….

 



2 commentaires pour “L’INFANTE TRAGIQUE


  1. Antonio

    Excellent comment vous racontez l’Histoire Altesse. J’ai quelques livres de vous ici à Paris et chez mes parents en Espagne, J’arrive à vous suivre plus ou moins dans le temps; Bien cordialement, Antonio


  2. Claire Meilhon

    Monsieur,

    C’est très émouvant, encore des histoires intéressantes, étranges. Merci encore de nous les faire partager.

    Avec mes salutations.

    CM

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