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THE BEGUM

Lors d’un de mes voyages en Inde, je rencontrai une maharani assez spéciale. Son mari possédait la plus belle bibliothèque de l’Inde de manuscrits anciens consacrés à la médecine et à la botanique. Elle-même était toute petite, toute ronde. En guise de collier, elle enroulait autour de son cou des guirlandes d’arbres de Noël, des vraies. Par contre, sur chacun de ses petits doigts boudinés, brillait un énorme solitaire. Peu de temps avant ma venue, elle avait reçu une équipe de la BBC venue l’interviewer. « Combien de fenêtres comporte votre palais (gigantesque) ? » avait demandé le journaliste. Petit geste négligeant de la main couverte de diamants de la maharani : « En Inde, nous ne comptons pas nos fenêtres, nous comptons nos palais ». L’interview ainsi mal commencée se poursuivit encore plus mal.

Les jeunes gens gauchistes de la BBC s’énervaient de plus en plus devant la bonne conscience de la maharani. L’un d’eux ne put s’empêcher de lui dire : « Mais enfin, votre altesse, vous n’avez aucun contact avec votre peuple ! » – « Moi, aucun contact avec mon peuple ! répliqua-t-elle indignée, alors que chaque nuit, j’ai six femmes de chambre qui dorment sur le sol de ma chambre à coucher… ». On murmurait que cette dame avait naguère pris comme amant un jardinier français qu’elle avait fait venir pour cultiver ses roses. Il l’avait si bien fait qu’il avait fini dans son lit. Puis il était tombé en disgrâce et ni une ni deux, elle l’avait fait châtrer.


par Prince Michael of Greece